
« On m'a proposé 1 million pour ma boîte, j'ai dit non » ft Marc Lou
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L'épisode de "Sans Permission" met en vedette Marclou, un "SAS Builder" sans employés ni levée de fonds, qui a bâti de nombreuses startups en les documentant publiquement. Son parcours est jalonné de défis, de revers et de leçons apprises, le menant à une approche unique de l'entrepreneuriat.
Marc a commencé son parcours entrepreneurial après une formation d'ingénieur qu'il qualifie de "catastrophe", n'ayant que peu appris durant ses six années d'études. Un stage à Hong Kong et la découverte des vidéos d'Oussama Ammar de The Family, ainsi que le film "The Social Network", ont été des déclics majeurs. Il s'est alors imaginé être le prochain Mark Zuckerberg.
Ses premiers projets furent des échecs retentissants. Le premier, une application de type Tinder pour sportifs, n'a jamais vu le jour en raison d'une exécution technique désastreuse et d'une obsession pour le secret de son idée. Il a même fait signer des NDA et menacé de porter plainte, une approche qu'il reconnaît aujourd'hui comme absurde. Cette période de désillusion a duré un an, le conduisant à jeter son code, quitter sa copine et partir en Corée du Sud.
En Corée, il s'est associé à un ami pour lancer une autre startup, visant à prédire l'évolution des prix des billets d'avion grâce à l'IA. Bien que l'idée fût ambitieuse, ils ont répété les mêmes erreurs, se concentrant sur l'idée plutôt que sur l'exécution et la recherche d'utilisateurs. Après six mois, leur projet n'avait abouti qu'à une petite application prédisant les prix de l'essence en Corée. Durant cette période, Marc a survécu en travaillant comme serveur à Paris avant de partir en Corée, où il a vécu avec des moyens très limités.
Il a ensuite tenté un projet plus simple : des gants en laine pour couples, inspiré d'une vidéo virale québécoise. Malgré des efforts pour reproduire la viralité via des publicités Facebook et la vente directe dans les rues de Séoul, le projet n'a pas décollé. Ces expériences l'ont confronté à la dure réalité de l'entrepreneuriat sans issue de secours, alors que ses amis diplômés commençaient à accumuler de l'argent et à acheter des maisons.
Oussama Ammar souligne que cette capacité à passer à l'action est ce qui distingue les entrepreneurs, même si le chemin est semé d'embûches. Il compare l'entrepreneuriat à une drogue dure, une quête constante de nouvelles réalisations. Il explique que la première étape est souvent la plus difficile, mais qu'une fois franchie, il est plus facile de continuer. Cependant, la vraie difficulté réside dans la capacité à faire les "bonnes choses", ce qui ne s'apprend qu'en ayant d'abord fait de "mauvaises choses".
Après les gants, Marc a traversé une période de "pseudo-dépression" à Paris pendant le Covid-19. Il a tenté de lancer un "infoproduit" pour aider les hommes à ne pas se "pisser dessus" aux toilettes, un échec total. Il est allé jusqu'à faire de la publicité sur Pornhub avec sa propre tête, et à coller des stickers avec des QR codes dans les toilettes publiques de Paris, sans succès. C'est à ce moment que sa femme, voyant sa détresse, a contacté Oussama Ammar via Instagram, lui racontant leur histoire et l'admiration de Marc pour lui. Touché par le message, Oussama a accepté un appel.
Lors de cet appel, Oussama a conseillé à Marc de continuer, peu importe le projet, sans craindre de partager ses idées. Ce conseil a été un tournant pour Marc, qui se sentait validé et encouragé à persévérer malgré les difficultés. Il a alors décidé de trouver un "vrai" travail pour la première fois de sa vie. Il a postulé comme ingénieur logiciel et s'est retrouvé à travailler pour Gengis, une entreprise de software appartenant à Ty Lopez, gagnant 10 000 dollars par mois. Cette période de sept à huit mois à Bali lui a permis de reconstituer ses finances, mais aussi de réaliser qu'il préférait l'entrepreneuriat au salariat.
Il a été licencié sans explication après sept mois chez Ty Lopez. Avec 50 000 dollars sur son compte, il n'était plus "pauvre", mais a redécouvert le désir de créer ses propres projets. Il a alors découvert Twitter et le mouvement des "Indie Hackers", des développeurs indépendants qui créent leurs propres applications et génèrent des revenus suffisants pour vivre. Cela a été une révélation pour lui.
Marc a commencé à lancer de nombreux petits logiciels, documentant tout sur Twitter. Son premier succès commercial fut un "tracker d'habitude" gamifié, qui a généré jusqu'à 1 000 € par mois. Il a ainsi construit une habitude de développer et de lancer des produits, gagnant en visibilité et en abonnés sur Twitter.
En 2023, il a lancé un "boiler plate" pour développeurs, un package de code réutilisable pour automatiser les tâches courantes. Ce projet a fait exploser ses revenus, passant de 3 000-5 000 € à 50 000-60 000 € par mois. Il est reconnu pour sa créativité et sa transparence, publiant les revenus de toutes ses startups sur son profil Instagram. Il a même refusé une offre d'un million de dollars pour racheter sa plateforme Trust MRR, la considérant comme une de ses "enfants" et n'ayant pas un besoin immédiat d'argent.
Trust MRR est une plateforme où les SAS peuvent publier leurs chiffres de revenus, vérifiés par Stripe, pour prouver leur légitimité et attirer des clients ou des acheteurs. Marc a ajouté une fonctionnalité de marketplace pour la vente et l'acquisition de SAS, prenant une commission de 3% sur les transactions. Il observe une accélération du cycle de création-vente de SAS, notamment grâce à l'IA. Le multiple moyen des acquisitions sur sa plateforme est de 1,5, bien en dessous des fantasmes du marché.
Oussama Ammar et Marc discutent de l'impact de l'IA sur l'entrepreneuriat. Oussama estime que l'IA rend la création de produits plus facile, mais que la valeur réside toujours dans la distribution, le marketing et la marque personnelle. Il compare cela à l'industrie musicale, où il est plus facile de gagner sa vie, mais plus difficile de devenir très riche. Marc, quant à lui, pense que l'IA va uniformiser les interfaces, centralisant le pouvoir entre les mains de quelques entreprises qui proposeront une interface unique pour interagir avec tous les services.
Oussama partage également son expérience personnelle avec la santé. Il a perdu une quantité significative de poids (de 221 à 170 livres en 90 jours) grâce à un traitement expérimental pour un empoisonnement au mercure subi plus jeune. Il dénonce les conseils génériques en matière de santé et prône une médecine de précision basée sur le bilan génétique et le microbiome. Il critique notamment l'intermittent fasting, qui, pour certaines personnes ayant un profil génétique spécifique, peut entraîner une prise de poids paradoxale.
Récemment, Oussama a lancé un nouveau projet ambitieux à Dubaï. Il a été introduit à une puissante famille émiratie, avec laquelle il a noué des liens d'amitié. Cette famille, passionnée par le business, lui a offert 3,5 millions de dollars pour créer la meilleure équipe d'ingénieurs des Émirats Arabes Unis, afin de réaliser des économies au sein de leur conglomérat. Le modèle économique est basé sur 15% des économies réalisées, avec un potentiel de 100 millions de cash en 24 mois. En outre, il a reçu 20 millions de dollars pour investir dans des startups. Oussama apprécie l'autonomie et les ressources illimitées, ainsi que l'absence de contraintes administratives. Il a rencontré cette famille par hasard dans un restaurant de sushis, en discutant du Japon et de l'IA. Il est maintenant de retour dans le "game", avec l'objectif de créer cinq boîtes iconiques par an.
Oussama critique également les entreprises d'IA comme Anthropic, les accusant de "voler" les données des clients pour créer des concurrents, et de freiner l'innovation en alertant prématurément les gouvernements sur les dangers de l'IA. Il suggère aux entreprises d'opter pour des solutions souveraines et des infrastructures neutres, comme celles proposées par Zhipu.ai, un laboratoire chinois.
Marc, de son côté, maintient un mode de vie sain avec 10 000 pas par jour, 1h30 à 2h de sport quotidien, une alimentation saine gérée par sa femme, et une attention particulière au sommeil. Il ne se fixe pas d'objectifs financiers précis, privilégiant le bien-être et la liberté. Il est heureux et aligné avec son style de vie actuel.
L'épisode se conclut sur l'importance de la marque personnelle et du "style" dans l'économie de l'IA, où les produits deviennent des commodités. Oussama encourage Marc à investir dans sa marque personnelle, suggérant même un documentaire Netflix, pour maximiser l'impact de son travail.